Bonne journée ma gueule.

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Bonne année ma gueule.
Ça veut pas dire grand-chose, on le sait tous les deux hein 😉 Si 2016 a été une catastrophe, y a quand même peu de chance que le nouveau cru soit une réussite. A l’inverse si t’as eu « the time of your life » comme dirait mon copain Patrick (Lalarmou, la larme à l’œil d’ailleurs) bah décembre risque de déteindre sur janvier, t’es un peu triste parce que c’était top, t’es content parce que la suite s’annonce bien. T’as pris 3kg mais t’es heureux. Ça vaut.
Pas beaucoup de place pour l’impro donc en ce frileux début 2017 pas vrai ?
Mais le froid c’est bien, ça permet de philosopher. Pas partout et pas pour tout le monde ceci dit : Qui s’emmerde à se poser plein de questions existentielles quand il fait 30 degrés les pieds dans l’eau du côté de La Ciotat ? Personne. Et ils ont bien raison. Mais « du côté de Saint-Denis Baby », quand il fait -2° et que fumer sa clope en terrasse devient un motif de nomination à la légion d’honneur (je renvoie les sceptiques à la gigantesque promotion 2017), et bien on…
Nan. J’y arrive pas. C’est comme quand je raconte une blague. Je suis nul à ça, parce que chaque fois j’éclate de rire au milieu de l’histoire donc on comprend rien et la blague devient naze.
Nan, on ne philosophe pas. On fume un peu moins, c’est tout. On boit un peu plus de café. On se pose quelques questions. Histoire d’être sûr que le monde ne part pas en vrille que dans notre esprit, et qu’on est à peu près tous sur la même longueur d’onde à ce sujet.
Quand c’est fait, on se rappelle deux ou trois événements marquant de l’année écoulée, tranquillement, parce que c’est l’époque, une sorte de tradition pour enterrer le dernier millésime. Pas forcément les plus importants, on est au rade, pas chez le psy, mais ceux qui déclencheront fatalement les rires ou les hochements de tête pensifs le long du comptoir.
Bon allez, preum’s !!

Evènement numéro 1 :
J’ai été braqué par des flics. Quartier Pleyel à Saint-Denis. C’est un fait marquant parce que si j’ai été contrôlé un nombre incalculable de fois, insulté un nombre sensiblement plus raisonnable de fois et embarqué jamais (c’est un record, mes potes sont jaloux), je n’avais encore jamais observé de si près l’intérieur d’un canon de revolver.
Je dis « je » parce que c’est moi qui raconte l’histoire, mais on était deux.
Tu veux la vérité ? J’ai transpiré. Y en aura toujours un (ou une) pour me dire que si cela m’est arrivé c’est sûrement que je l’avais bien cherché, mais comme disait Audiard : « Je ne parle pas aux cons, ça les instruit ».
J’ai pas son talent (modestie inside) mais j’ai son caractère.
Je garde de cet échange, un poil houleux, le souvenir de l’un des « gardiens de la paix » m’appelant « Bonnet blanc ». Le mec étant détective, il lui fallait me montrer ses talents d’enquêteur, ce qu’il fit avec brio en découvrant la couleur de mon couvre-chef presque au premier regard.
Je lui fis alors remarquer qu’il aurait pu pousser ses investigations jusqu’à la ligne 2 de ma pièce d’identité qui lui indiquait mon nom, la 3, mon prénom, et la 5, qui lui précisait que je n’avais plus 18 ans depuis un long moment maintenant. Il a pas aimé. C’était réciproque… Mais mon compteur de GAV est toujours à O. En plein état d’urgence, je suis fier.
Note pour moi-même: Le flingue ou la condescendance, je ne suis toujours pas certain de ce qui m’a le plus marqué.

Evènement numéro 2 :
Et, pour de vrai, c’est pas pour équilibrer la balance, mais dans mon top deux des événements marquants, il y a encore des représentants de la maréchaussée.
Montpellier, un soir de mars. Je redescends de Prad-Le-Lez, si tu m’as un peu suivi, tu sais de quoi je parle, sinon sache que c’est un petit bout de paradis dans la Garrigue juste avant (ou juste après, c’est selon) les Cévennes. Ce soir-là, j’ai un peu abusé sur le rhum arrangé, j’avoue. Je suis pas fier, mais l’histoire est mignonne alors…
J’entre dans Montpellier par la rocade qui surplombe le boulevard Berthelot, et sur le bord de la route, je vois une patrouille de Police qui contrôle un véhicule. Je me fais un grand sourire dans le rétroviseur, j’ai échappé au ballon !!
T’as raison ma Brenda.
500 mètres plus loin alors que j’essaie de décider si le feu est rouge ou vert, je prends les 300 watts d’une Maglite en pleine face :
– Bonjour Monsieur, vous allez où comme ça ?
J’ai dû mettre un peu trop longtemps à réfléchir à la réponse.
– Ok, alors on va éteindre le contact et sortir du véhicule s’il vous plaît.
Ah ça je connais.
Debout devant la voiture, à peu près droit, j’ai donc vidé mes poches en plaisantant (sisi) avec le gradé du groupe en même temps que je réfléchissais à la meilleur façon d’expliquer le lendemain matin à ma grand-tante de 91 ans pourquoi sa voiture était maintenant garée de l’autre côté de la ville.
Au bout de 10 bonnes minutes de discussion et de « fouillage » de véhicule, l’officier se penche vers moi :
– Vous savez que si je vous fais souffler, là, vous repartez avec nous…
Transpiration.
Il m’a laissé repartir le bougre. Compteur de GAV toujours vierge. Merci Capitaine.
Note pour moi-même 2 : Envoyer une boite de chocolat au commissariat de Montpellier.

Evènement numéro 3:
Marga, Zacky, Malik, Philippe, Gaël, Raymond, Kita. Beaucoup de fractures du cœur cette année, la troisième marche de mon podium est remplie d’absents.

On parle pas de la politique, du climat, des attentats. Enfin pas trop. Pour ça y a le zapping du réveillon.
Aussi parce que, quand il fait -2° du côté de Saint-Denis baby, derrière notre énième tasse de café, on se dit qu’une fois dans l’année, on peut dire au reste du monde d’aller se faire foutre sans culpabiliser à chaque respiration. Le temps d’espérer un nouveau job. Un peu moins chiant, un peu mieux payé. Le temps de se demander combien de temps la grand-mère qu’on aime tant sera encore parmi nous. L’espace d’une caïpi (ou deux, ou cinq…), trouver une façon d’avancer malgré l’événement numéro 3. Et puis savourer ceux qui sont encore là, parce qu’on a compris, à la dure, que le cœur qui s’emballe, les sourires, les embrouilles, dire aux gens qu’on les aime ou qu’ils nous les brisent menus, ça fait pas de nous des trompettes; Ça fait de nous des vivants, au milieu d’un monde compliqué.
Et tu sais ma gueule, se sentir vivant, aujourd’hui, c’est comme fumer sa clope dehors par moins -2°…
Mais putain, ça tient chaud.
Voilà; On se rappelle deux ou trois évènements marquant de l’année écoulée et on se pose quelques questions.
Et puis on passe à autre chose. Parce que pour le pire ou pour le meilleur, « Li Fet Met ». Ce qui est passé est mort.
Et si on veut que demain ressemble à quelque chose, il va falloir bosser sur aujourd’hui.
Bonne journée ma gueule, donc.
Et pour le reste de l’année, on verra bien.

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2 réponses à Bonne journée ma gueule.

  1. Rémi dit :

    Je t’embrasse mon frère et je te souhaite de vivre de belles aventures comme celles-ci jusqu’à 120 ans…. En attendant, beaucoup de bonheur à toi pour 2017. A très vite j’espère.

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