Ami Karim - Site officiel
Préface

Beaucoup de choses ont été dites sur le slam.
D'abord renouveau des cafés littéraires underground parisiens fréquentés par d'anciens tox en quête de rédemption, il est devenu tour à tour une poésie urbaine issue des cités de la banlieue nord rendant nos quartiers soudain fréquentables ; le repère d'adeptes de la poésie « classsique », vieux bien sûr, trouvant une nouvelle tribune pour déclamer du Rimbaud ou du Verlaine; mais aussi un refuge pour ancien rapeur sur le retour; une nouvelle façon de s'encanailler pour certains bobos passant le périphérique comme on saute à l'élastique, ou encore, du Rap de troisième âge, permettant à nos anciens de se sentir « in »...
Tout est faux. Et si tout est faux, c'est évidemment parce que beaucoup de choses sont vraies.
Toutes ces définitions se tiennent pour peu qu'on entre dans la nuance et qu'on accepte comme base de départ une seule et unique vérité :
Marc Smith à crée le slam pour rendre la poésie au peuple.
Le reste n'est que subjectivité, c'est là qu' Héloïse entre en scène.
Quand elle est arrivée au Café Culturel de Saint-Denis, ce deuxième vendredi d'octobre 2008, j'ai d'abord pensé qu'elle s'était perdue.
Faut être honnête, le look gothique-soft-élégant (c'est de ma mère donc on apprécie, merci), jupe et talons, le tout noir surmonté d'une chevelure rousse, c'est pas comme si on en voyait tous les jours par chez nous...
Mais animer une scène c'est du boulot, et donc, je suis retourné à mes inscriptions pour une soirée qui allait rester comme l'une des plus belles de ces deux dernières années. Plus tard dans la nuit, quelque part vers une heure du mat, j'ai revu la fille rousse qui s'approchait de moi à travers la foule des gens qui sortait du café.
Évidemment... Fab' et Jacky sont pas là, donc le cas social, c'est pour moi...
Ouais être slameur ça dispense pas d'être con aussi parfois.
Salut je m'appelle Héloïse, je voudrais écrire un bouquin sur le slam.
Échange de numéro de téléphone « appelle moi, on se voit quand tu veux. ».
En me réveillant le lendemain matin, je l'avais oubliée.
Sans méchanceté. Je l'avais oubliée parce que trop avant elle sont venus nous voir parce qu'ils voulaient « raconter le slam ». Peu l'ont fait, et ceux qui ont essayé, n'y ont rien compris. Alors au lieu d'être mal raconté, plutôt ne pas l'être du tout.
Mais elle a rappelé et on s'est vu. Un premier rendez- vous à la Basilique de Saint-Denis. Pas devant la Basilique, pas près de la Basilique... DANS la Basilique. Un rendez-vous dans l'Histoire. Raconter celle qu'on écrit en marchant dans celle qui nous a fabriqués. J'ai aimé l'image.
Une promenade pendant laquelle elle m'a expliqué, la demande de son éditeur de la voir écrire un livre sur Grand Corps Malade. Elle avait trouvé que c'était une super idée, sauf qu'elle ne savait pas du tout qui était Grand Corps Malade, et ce qu'était le Slam...